Laurent Gbagbo et l’épreuve du Conseil constitutionnel : l’heure de vérité

La candidature de Laurent Gbagbo n’est pas une simple démarche électorale. C’est une épreuve de vérité, un moment décisif où le Conseil constitutionnel se retrouve face à son destin : respecter la loi fondamentale ou s’abandonner à la compromission politique.
Chacun sait que l’ancien chef de l’État ne pouvait être jugé que par la Haute Cour de justice. Pourtant, c’est un tribunal ordinaire, sans compétence aucune, qui a prononcé une condamnation contraire à la Constitution. Cette irrégularité flagrante a servi de prétexte à son exclusion de la liste électorale. En d’autres termes, l’injustice s’est travestie en droit.
En posant sa candidature, Laurent Gbagbo ne demande pas une faveur : il contraint le Conseil constitutionnel à regarder sa propre responsabilité en face. La question n’est plus seulement : Gbagbo peut-il être candidat ? Elle devient : le Conseil constitutionnel peut-il rester fidèle à son serment d’indépendance et de loyauté envers la Constitution ?
Car l’alternative est claire. Valider la candidature de Laurent Gbagbo, c’est affirmer la primauté du droit sur les manœuvres. L’invalider, c’est graver dans la mémoire collective la compromission d’une institution censée incarner l’impartialité et la justice.
L’histoire retiendra moins l’acte d’un homme que le choix d’une institution. Et ce choix pèsera bien au-delà d’une élection : il déterminera la confiance des citoyens en leur République et révélera, aux yeux du monde, si le Conseil constitutionnel de Côte d’Ivoire est encore une juridiction ou déjà un instrument.
Delph Bah, Analyste politique & Éveilleur des consciences
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